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Biographie

Portrait de l'artiste, moments et œuvres clés

Jean-Michel Othoniel

01/07/2017

Né en 1964 à Saint-Étienne.
Vit et travaille à Paris.


Du dessin à la sculpture, de l’installation à la photographie et de l’écriture à la performance, Jean-Michel Othoniel a, depuis la fin les années 1980, inventé un univers aux contours multiples. Explorant d’abord des matériaux aux qualités réversibles tels le soufre ou la cire, il utilise le verre depuis 1993. Ses œuvres prennent aujourd’hui une dimension architecturale et rencontrent volontiers des jardins ou des sites historiques à travers des commandes publiques ou privées dans le monde entier.


Métamorphoses, sublimations et transmutations


Privilégiant les matériaux aux propriétés poétiques et sensibles, Jean-Michel Othoniel commence par réaliser, au début des années 1990 des œuvres en cire ou en soufre qui seront présentées dès 1992 par Jan Hoet à la documenta de Cassel. L’année suivante, l’introduction du verre marque un véritable tournant dans son travail. Collaborant avec les meilleurs artisans de Murano, il explore les propriétés de ce matériau qui devient dès lors sa signature. La délicatesse du verre et la subtilité de ses couleurs participent du vaste projet de l’artiste : poétiser et réenchanter le monde. En 1994, il participe à l’exposition "Féminin/Masculin" au Centre Georges Pompidou à Paris dans laquelle il présente une série d’œuvres en soufre ainsi qu’une installation-performance My Beautiful Closet mettant en scène des danseurs filmés dans l’obscurité d’un placard. En 1996, il est pensionnaire à la Villa Médicis à Rome. C’est à partir de ce moment qu’il commence à faire dialoguer ses œuvres avec le paysage, suspendant des colliers géants dans les jardins de la Villa Médicis, aux arbres du jardin vénitien de la Collection Peggy Guggenheim (1997), ainsi qu’à l’Alhambra et au Generalife de Grenade (1999). Ses œuvres, sortes de fruits défendus, vivent et s’intègrent au paysage, aux feuillages, comme autant d’excroissances organiques absorbant l’ombre et diffractant la lumière.


Entre le musée et l’espace public


En 2000, Jean-Michel Othoniel répond pour la première fois à une commande publique et, un siècle après Hector Guimard, transforme la station de métro parisienne Palais-Royal – Musée du Louvre en Kiosque des Noctambules : une double couronne de verre et d’aluminium dissimule un banc destiné aux rencontres fortuites dans la ville endormie. Sa création se partage dès lors entre les lieux publics et les espaces muséaux ; œuvres in situ ou expositions sont pour lui autant d’occasions renouvelées d’expérimenter les multiples possibilités de ses matériaux de prédilection et de décliner les thématiques qui lui sont chères. En 2003, pour l’exposition "Crystal Palace" présentée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris et au MOCA de Miami, il fait réaliser à Venise et au Centre international du Verre à Marseille (Cirva) des formes de verre soufflé, destinées à devenir d’énigmatiques sculptures, entre bijoux, architectures et objets érotiques. L’année suivante, en 2004, une invitation du musée du Louvre à exposer dans les spectaculaires salles mésopotamiennes, dans le cadre de l’exposition " Contrepoint", est pour lui l’occasion de réaliser ses premiers colliers autoportant, dont la grande Rivière Blanche aux perles constellées de pointes de seins, acquise ensuite par le Musée d’art moderne de la Ville de Paris.


Une œuvre en voyage


Dès 1991, à l’occasion d’un long séjour à Hong Kong pendant lequel Jean-Michel Othoniel installe un atelier éphémère sur le toit du musée d’art contemporain pour la préparation de l’exposition "Too French", le voyage devient l’un des thèmes récurrents de son travail. Il gardera ensuite ce goût pour une création nomade, réalisant des pièces avec des souffleurs de verre au Mexique, au Japon ou en Inde. C’est également cette idée de voyage qui est mise en lumière avec le projet Le Petit Théâtre de Peau d’Âne (2004, collection Centre Pompidou), inspiré de petites marionnettes trouvées dans la maison du grand voyageur Pierre Loti et présenté sur la scène du Théâtre de la Ville de Rochefort puis au Théâtre du Châtelet à Paris. Cultivant l’art de réconcilier les contraires, l’artiste fait dialoguer le poétique et le politique, dans son Bateau des larmes : hommage aux exilés, réalisée à partir d’une barque de réfugiés cubains trouvée à Miami couverte d’une cascade de perles de couleurs, se transformant en d’énormes larmes de cristal limpide, cette œuvre est exposée à l’occasion de Art Unlimited 2005, dans le bassin situé devant l’entrée de la foire de Bâle. A l’occasion d’un séjour en Inde en 2010, il travaille avec les verriers de Firozabad avec lesquels il réalise une série d’œuvres qui seront présentées l’année suivante au Centre Georges Pompidou à Paris dans son exposition "My Way".


Retraçant son parcours artistique depuis sa sortie de l’école des Beaux-arts de Cergy-Pontoise en 1988 jusqu’à ses toutes dernières œuvres, cette rétrospective rend compte de la multiplicité de ses pratiques et de ses inspirations. Après Paris, "My Way" a été présentée en 2011 au Leeum Samsung Museum of Art/Plateau de Séoul, puis en 2012 au Hara Museum of Contemporary Art à Tokyo, au Macao Museum of Art de Macao et au Brooklyn Museum de New York.


Dialogues avec l’histoire et le contemporain


En 2012, une invitation du musée-atelier Eugène Delacroix à Paris permet à Jean-Michel Othoniel de dialoguer avec ce lieu chargé d’histoire, à travers une série de sculptures inspirées de l’architecture des fleurs et de planches de son Herbier Merveilleux – un ouvrage dans lequel il explore la symbolique des fleurs à travers des textes et des aquarelles. D’installation en commande, l’artiste crée des œuvres qui répondent à la poésie d’un lieu et en prolongent la magie. Au printemps 2013, le Mori Art Museum de Tokyo lui commande, pour son 10e anniversaire, Kin no Kokoro, monumental cœur de perles de bronze doré installé de façon pérenne dans le jardin japonais Mohri Garden, lui offrant ainsi l’occasion d’orchestrer la rencontre entre les thèmes récurrents de son travail et la symbolique sacrée extrême orientale. La même année, dans le cadre de l’aménagement des rives de Saône à Lyon, il imagine sur l'ancienne écluse de Caluire un belvédère constitué de perles de verre coloré qui répond à des lanternes installées sur l’île Barbe qui lui fait face.


L’année 2014 est marquée par la réalisation d’un projet d’exception : le réaménagement avec le paysagiste Louis Benech du bosquet du Théâtre d'Eau dans les jardins du château de Versailles. Pour cette commande, passée à l’issue d’un concours international, Jean-Michel Othoniel crée trois sculptures fontaines en verre doré, inspirées des chorégraphies du Maître de danse du roi Louis XIV, Raoul-Auger Feuillet. L’artiste trouve à Versailles un prestige et une échelle sans précédent et réalise, avec Les Belles Danses, la première œuvre pérenne au sein du palais commandée ainsi à un artiste contemporain. Développées comme un projet d’architecture, ces trois sculptures fontaines répondent à quelques-unes des grandes orientations que le travail de l’artiste a récemment empruntées : la dimension monumentale et la relation à l’histoire qui sont de plus en plus au nombre de ses singularités.


Régulièrement invité à créer des œuvres in situ, en dialogue avec des lieux historiques, Jean-Michel Othoniel se plaît aussi à rencontrer des architectures d’aujourd’hui. Ainsi a-t-il, à de multiples reprises, créé des sculptures pour Peter Marino ou Jean Nouvel. Jean-Michel Othoniel est représenté par les galeries Perrotin (Paris, New York & Hong Kong), Karsten Greve (Cologne et Saint-Moritz) et Kukje (Séoul). Ses œuvres sont conservées dans les plus grands musées d’art contemporain, fondations et collections privées du monde. 

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