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Face à l'obscurité

May - September 2018, MAMC Saint-Etienne

DARK MATTERS

March - April 2018, Galerie Perrotin New York

Face à l'obscurité

May - September 2018, MAMC Saint-Etienne

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Face à l'obscurité

MAMC Saint-Etienne
5/25/18 - 9/16/18
Press Release
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Cette exposition marque un tournant dans le travail de l’artiste, présentant des œuvres plus sombres mais toujours aussi poétiques et mystérieuses.

Saint-Étienne est la ville natale de Jean-Michel Othoniel, il y a passé toute son enfance. À l’âge de 6 ans, il rejoignait les cours d’éveil à l’art de la Maison de la culture, à 7 ans il était inscrit aux visites guidées du Musée d’art moderne et de 9 ans à 17 ans, il suivait les cours du soir de l’école des Beaux-Arts. Après un bac en arts plastiques en 1981, il quittera sa ville pour Paris.

Sa passion pour le Musée d’art moderne comme lieu de vie et d’émerveillement, Jean-Michel Othoniel n’en a jamais caché l’importance, le musée et ses collections sont à la source de sa vocation d’artiste.

« C’est grâce à ce musée que je suis devenu artiste. Je me souviens à 7 ans avoir été frappé par les œuvres de Robert Morris et l’art minimal, leurs simplicités formelles cachant toute une pensée de l’épure de l’art contemporain. »


Face à l’obscurité
Cette exposition est la troisième que le musée consacre à l’artiste, c’est la première d’une telle importance. Dans la grande salle centrale du Musée, les œuvres exposées témoignent toutes du regard inquiet de l’artiste sur le monde. Othoniel dévoile l'origine d'œuvres liées à sa ville et nous questionne sur notre présence face aux changements du monde. C’est un parcours autobiographique dans lequel des œuvres anciennes et intimes dialoguent avec ses dernières créations architecturées et telluriques.
Comme posées au 4 points cardinaux de la grande salle du Musée, les œuvres se répondent.

L'expérience de l'obscurité
La pièce maitresse de l’exposition est cette grande paroi de verre noir en forme de vague spécialement conçue pour l’espace. Une installation dans laquelle la grande vague ébauchée à l’été 2017 à Sète se démultiplie et se transforme en un mur de briques noires menaçant, une grotte, une caverne. Othoniel rend ici hommage aux souvenirs des murs de sa ville, autrefois noircis par les poussières de charbon. Cette œuvre est aussi une façon d'être physiquement dévoré par l’obscurité, engloutie dans les reflets de la matière noire. Face à la réalité apocalyptique des éléments aujourd'hui déchaînés, cette déferlante de 6 mètres de haut sur 15 mètres de long a la présence d'une lame de tsunami, la couleur d'une marée noire.

Face aux monstres de l'enfance
Dans cette ville noire, les terrils austères faisaient malgré tout rêver l’artiste enfant. En 1996, invité à exposer dans le musée de la mine de Saint-Étienne, il présente une performance filmée où il transforme un terril noir en un volcan en éruption. C’est sa vision d’enfant émerveillé qu’il met en scène alors. Ce petit film poétique sera présenté dans cette nouvelle exposition. Ici, l'enfant face à l’obscurité fait ressurgir les monstres du passé, transformant les ombres en joyaux lumineux, les fumées du volcan en feux d'artifices.

L'obscurité qui est en nous
Face au gigantisme de la vague, l’autre œuvre clé de cette exposition est une micro photographie qui montre l'artiste face à l’obscurité d'un avenir incertain. Le minuscule Autoportrait en robe de prêtre dévoile timidement une autre performance de d’Othoniel réalisée en 1986, période où l'artiste se trouve en plein conflit existentiel : vivre ou mourir, quitter la vie laïque, devenir artiste. Comme pour se cacher et se métamorphoser, l’artiste était revenu dans sa région natale afin de réaliser cette première performance, travestit en prêtre. C'est à Cotatay, non loin d'une grotte miraculeuse, qu'il réalise cette toute première œuvre : une photographie de lui de dos faisant face au mur d'un barrage gelé dont il essaie inlassablement de gravir la paroi glacée.

Cette première image condense les grands thèmes et éléments constitutifs du travail d’Othoniel : l’autoportrait, le mystère, le passage de l'ombre à la lumière, la délicatesse, l’obstination, le jeu, le secret, la mise en danger, le plaisir solitaire, la joie, l’instantané et l’unique, l’importance du hors-champs, la narration évoquée, le sacré, la prédominance des éléments, le désir d’enchantement, le fantôme, la poésie, le désir d’être submergé.

Face à face
Dans le quatrième angle de la salle, Jean-Michel Othoniel présente ses dernières œuvres en verre, les Invisibility Faces, faces de l'invisible qui, tels des totems mystérieux, s'érigent en blocs d'obsidienne. Ce sont des autoportraits taillés dans le verre noir des volcans d'Arménie. Posés sur des socles en bois de marronnier sculptés par les menuisiers anthroposophes de la cité de Dornach en Suisse, l'énergie de ces énormes pierres de lave vitrifiée dialogue avec celle du bois.
Ces masses noires semblables à des météorites tombées du ciel que l’artiste a sculptées grâce à l'aide de ses verriers, absorbent la lumière et laissent transparaître un pâle reflet de notre propre image. Non sans rappeler le Cube de Giacometti ou le dodécaèdre de la Melencolia I de Dürer, ces « calme(s) bloc(s) ici-bas chu d'un désastre obscur deviennent ici un hommage aux visages assombris des mineurs, "gueules noires" de son enfance.

L’artiste et Le Musée d'art moderne et contemporain
La radicalité audacieuse que le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole a très tôt présentée au public est quelque chose qui, encore aujourd’hui, nourrit le travail d'Othoniel. Il cherche dans ses dernières œuvres quasiment monochromes, l’épure des formes inspirées de la nature jusqu’à une certaine forme d’abstraction. Avec ses nouvelles œuvres, l’artiste tente d’exprimer un désir d’enchantement violent, minimal et tellurique.

Dès le début de sa pratique artiste, le Musée a défendu le travail d’Othoniel en acquérant dans ses collections une œuvre emblématique de sa période du Soufre, L’Hermaphrodite, ainsi que des peintures au phosphore qui rendait hommage au Fiancé de Picabia.
Avec « Face à l’obscurité », Othoniel revient dans la ville qui l’a vu naître en présentant ses derniers travaux en verre, fruits de ses recherches actuelles sur l’épure des formes, la monumentalité, le monochrome et la radicalité. Les œuvres historiques de l’artiste présentées dans l’exposition, réalisées à Saint-Étienne à la fin des années 1980, montrent à la fois la genèse et le renouvellement constant des thèmes chers à l’artiste qui, tels des vagues successives, ne cessent de le submerger.

DARK MATTERS

March - April 2018, Galerie Perrotin New York

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DARK MATTERS

Galerie Perrotin New York
3/3/18 - 4/15/18
Press Release

Opening March 3, 2018, 4pm - 8pm
March 3 – April 15, 2018

Perrotin New York is pleased to present “Dark Matters”, Jean-Michel Othoniel’s 7th solo show at the gallery. With an ensemble of new and original works, some specially created for the occasion, the show spans several levels of the building to mark the inauguration of the whole building at 130 Orchard Street. « Dark Matters » is the title of the text written by the French-American curator, writer and critic Natasha Boas, within the eponymous book published on the occasion of the exhibition. A prominent artist on the French and international art scene, Jean-Michel Othoniel prefers materials with poetic and sensitive properties. From an exploration of drawing and sculpture, to installation and photography, writing and performance, he began working with glass, now his signature material, in the 1990s. Exhibited around the globe, Jean-Michel Othoniel is a wild artist beyond compare, who questions how to live in today’s world through works in which beauty is no longer an aesthetic element, but a condition of existence.

Wild Knots
The artist’s latest creations in New York are characterized by the figure of the oxymoron, bringing together the monumental and the fragile, the austere and the marvelous, minimalism and baroque. All of the elements brought into play—glass, mirror, metal, ink, white gold—pertain to this desire for violent, minimal and telluric enchantment, contrasted today with the sorrow of the world. In Othoniel’s enchanted world, heaven and hell have the same face: one of a phantasmagorical universe over which the pain and judgment of our human realm have no hold. The phantasmagoria receives and unifies opposites, be they moral judgments (good and evil) or aesthetic divisions (beautiful and ugly, abstract and figurative). It attains the artistic fulfillment sought by the Romantics. Schelling said that art was the resolution of an infinite contradiction in a finite object (1). An awareness of the infinity of contradictions, which has marked the artist’s oeuvre from the start, finds fulfillment here in an understanding of art as a mechanism of phantasmagorical investment. In doing so, he takes up the radical stance that influential artist James Lee Byars brought to the contemporary art scene. Byars responded to endless doubts with a quest for perfection that took him to the outer limits of art: the total transformation of the world into an object of contemplation, then, as a final step, the proposition of art as the only truly habitable world for the human spirit. Othoniel develops in his own language a conception of art as “a world in which to live”(2) an expression Gianni Vattimo used in reference to Byars ; a conception that can only materialize in a work in which beauty is no longer an aesthetic element, but a condition of existence.

Beauty and its reflections
Mixing polished metal with mirrored glass, the works in this new show are devoted to storms and the violence of the elements. The central pieces, a spring gushing forth from a blue grotto and gigantic tornadoes spinning like mobiles, are surrounded by walls of mirrored bricks, cascading necklaces and large suspended glass beads knots. The sculptures seek the violence of shapes; they demonstrate the perfect balance of hanging ellipses and the reflections between them. The artist also draws from his fascination for observing the mathematical combinations of reflections endlessly multiplied, which gave rise to a dialogue with Mexican mathematician Aubin Arroyo. The images he develops in his research echo the reflecting sculptures that Othoniel created in homage to Jacques Lacan. This encounter between sculpture, psychoanalysis and mathematics inspired their book, Nudos Salvajes (3) to be published in December 2017. At the same time, a piece by Jean-Michel Othoniel, The Infinite Knot, entered the Institute of Mathematics collection at the University of Mexico. As Aubin Arroyo explains, “up until today, mathematicians have cataloged more than one and a half million different knots, starting from the simplest one towards the more complicated, and the catalog is still growing. However, the attempt to order all the existing knots in such a catalog can never be completed. This catalog only considers a class of knots called tame knots. A knot is tame if it can be constructed with the cord of a string formed by a finite number of beads, or pearls. There also are some knots that will never satisfy this property. These knots are called wild knots (4).”The Surrealists were fascinated by mathematical objects and shapes. They found something inherently poetic in their abstraction, which we tend to see as random and disconcerting. These linear shapes, schematic translations of thought that start from the simplest to reach the complexity of logical formulation, are the very expression of the mystery of shape. Indeed, no one doubts they hold meaning, esoteric to the average person, but essentially clear and demonstrative. Visualizations of a theory, a hypothesis, a system, they inscribe pure thought in space. In mathematical objects, the eye perceives something beyond the shape, an abstraction that is not disincarnation, but quite the opposite, a material expression of the immaterial. “A knot diagram can be thought of as the projected shadow of the knot over a plane surface (5).” These projected knots the mathematician refers to are a perfect description of Othoniel’s paintings on display in the new Perrotin exhibition space. They are abstract figures, but based on observation of nature and its shadows. They invade the canvas like spurts of ink, a cold gesture that brushes the surface covered with white gold leaf. Like stained and frozen icons, these paintings are placed around the sculptures of black, amber and purple mirrors. This series of works on canvas shows the importance of drawing, suspended movement and the distanced body in Othoniel’s work. Is the first painting not merely the shadow of a lost lover?

A new architecture of glass
“The face of the earth would be much altered if brick architecture were ousted everywhere by glass architecture. It would be as if the earth were adorned with sparkling jewels and enamels (6)” For all his apparent rigor, Othoniel is, like his knots, wild. Free to drop everything and travel to India for several months to explore the country’s glassmaking tradition. This trip was the only way for him to work in Firozabad, an Indian city famous for its glassworks, where he learned the age-old techniques of the local craftsmen. He observed them working right on the floor, as close as possible to the materials and the furnaces. These moments of creation, born of this close physical contact between the molten glass and the glassblower suffering in the sweltering heat, moved him deeply. India changed everything he thought he knew about glassmaking. Ever since this memorable experience, he has created giant walls of glass bricks built using Indian techniques. These abstract, monochrome works stem from his observation of the bricks piled up along the roadsides of India. The artist saw these brick monoliths as monuments bearing the hope of their owners, a symbol of their dreams to one day build their own homes. Today in New York, Othoniel exhibits his Precious Stonewalls, sculptures bordering on radical architecture. These walles-in spaces, his Blue Brick Road of 17 meters long and his Grotta Azzurra pay a poetic homage to the historic Stonewall demonstrations on Christopher Street and condemn the silence that still threatens the meaning of this worldwide march that began in NYC in the beginning of the 70’s.

The marvelous real
This desire for gatherings, architecture and utopic monuments that foster dialogue and encounters is something the artist would like to reflect upon throughout his exhibition with the students of NYU and the support of the Public Art Fund.By converting one of the gallery rooms into a workshop, he would like to raise the question that haunts him today at a time when the world seems to be falling apart: how can we re-enchant the world? He wonders what happened the day after the Tower of Babel fell and millions of bricks were left scattered on the ground. What did the people do? What did they rebuild and what should we rebuild in their wake?

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